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Journal du Congo

« Ceci est l’histoire d’un échec. […] Pour être plus précis, ceci est l’histoire d’une décomposition. Lorsque nous sommes arrivés sur le territoire congolais, la Révolution était dans une période de récession ; ensuite sont survenus des épisodes qui allaient entraîner sa régression définitive ; pour le moment, du moins, et sur cette scène de l’immense terrain de lutte qu’est le Congo. Le plus intéressant ici n’est pas l’histoire de la décomposition de la Révolution congolaise […], mais le processus de décomposition de notre moral de combattants, car l’expérience dont nous avons été les pionniers ne doit pas être perdue pour les autres et l’initiative de l’Armée prolétaire internationale ne doit pas succomber au premier échec. »

À l’aube du 24 avril 1965, Ernesto “Che” Guevara traverse le lac Tanganyika avec une dizaine de révolutionnaires cubains et accoste sur la rive congolaise. Dans la clandestinité, “Tatu” – c’est son nom au Congo – vient soutenir le Mouvement de libération, après la mort de Lumumba, mené notamment par Laurent-Désiré Kabila. Désorganisation, indiscipline et désertions au sein de l’Armée de libération, zizanie entre les chefs, barrière des langues… c’est une défaite cuisante. Guevara renoncera à l’Afrique pour porter sa dernière guérilla, en 1966, en Amérique du Sud, en Bolivie.